André est parti

André est parti. Dans le brouillon indifférent de la cité, il s’en est allé.

Midi, un soleil tiède tente de réchauffer la ville, de me réchauffer. Les feuilles orange et cuivre des platanes envahissent les trottoirs au rythme du mistral.

Je ne sais pourquoi j’ai peur et froid soudain. Je ne comprends pas très bien pourquoi il est venu ce matin. Pourquoi nous sommes là, l’un avec l’autre, l’un en face de l’autre, l’un pour l’autre. Nous avons commandé un café, un crème, une bière, un… je ne sais plus. Il me semble revoir une tasse blanche, peut-être deux, sur une table de formica verte, je crois. Le café était vert ou gris, ceux qui s’y trouvaient aussi, il me semble. Il n’y avait que lui, que moi, nimbés de lumière, de ce soleil de cuivre qui pare l’automne en Provence. Aix frissonnait sous le mistral ce matin-là. Et moi bien vite j’allais frissonner du froid de son absence, pesante, soudaine, irrémédiable, fatale et insupportable.

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