Vies en dérive

Bousquet - Couverture

En collaboration avec Floria Bosquet.

Gourmande de la vie et des autres, Charlotte, radieuse, comptait mordre la vie à pleines dents. Elle attirait tout naturellement le regard des autres, le regard des hommes, mais à l’aube de ses quarante ans à cause de l’implacable fatalité génétique, elle ne sera plus que désarroi. Elle voulait des cimes pour se laisser porter par les nuages, il ne lui reste que le pâle miroir des flaques parisiennes et Charlotte part à la dérive de sa vie.
Un témoignage pour lever le voile sur une maladie génétique méconnue, voire inconnue, mais bien réelle. Le récit des souvenirs d’une vie au fil des arabesques de la mémoire.

Ouvrage disponible à la vente ici sur le site Edilivre.com

Marcher, ne pas oublier de continuer, ne pas oublier de vivre. Je ne sais pas s’il fait beau, je ne sais pas s’il fait froid ou chaud. Je ne sais plus. Une seule chose, là au fond de moi, en moi, vit et grandit, sans tenir compte de moi, de ma vie, de mes désirs, de ma volonté. Entre sueur et froideur, entre pluie et rosée, je ne sais pas pourquoi je marche, pour où, mais je marche. Peut-être ai-je envie de crier, je dois hurler, il faudrait, je ne peux pas.

Personne ne peut voir. Personne ne peut savoir. Je croise des hommes, des femmes, soucieux, indifférents, inexistants presque. J’erre, ils ont un but. Je me projette. Je marche devant moi, lentement, légère et vacillante. Mes boucles rousses sautillent au rythme de mes pas, au frôlement du vent. Des regards se croisent, visions furtives d’un visage déjà oublié. Des regards me croisent, rencontres fugaces. Des sourires s’échangent. Mon visage présente-t-il encore l’empreinte d’un sourire ? Que reste-t- il de la jeune femme à l’aube de ses quarante ans qui marche devant moi, qui sort de moi et s’en va. Demain, je ne serai plus moi. Charlotte ne sera plus. Disparue, la jeune femme dynamique, pétillante de joie, optimiste envers et contre tout, éclatante de bonheur, de tous les bonheurs, les petits et les grands, souriante au rayon du soleil, au chant d’un oiseau, au rire d’un enfant, à la perle cristalline d’une goutte de pluie, aimante et aimée par ses parents, ses amis, ses amours.
Publicités
%d blogueurs aiment cette page :